Association des quartiers de la place de Clichy, des avenue de Clichy et de Saint-Ouen    Bonjour ! Nous sommes le


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Le dossier de la Mairie de Paris (DVD) réunion du 15 décembre 2004 (pdf 4480 ko)

Photographie aérienne de la place Clichy
Etat actuel
Propositions d'actions à court terme
Proposition n° 2
L'avis de déCLIC
Lettre adressée à Denis Beaupin [26 mai 2005]

L'analyse de déClic

L'ignorerait-on ou l'aurait-on oublié ? déCLIC 17/18 a été fondée en 1995 sur un double défi : rénover la place et l'avenue de Clichy pour redonner vie à nos quartiers. Ce chantier immense dépasse assurément les seules forces et compétences d'une association, aussi déterminée soit-elle. Dès les premiers mois, déCLIC 17/18 a saisi toute occasion pour en débattre publiquement. À l'initiative de notre association, la Ville de Paris a ainsi procédé en 1998, avenue de Clichy, entre la place et La Fourche, à quelques aménagements ponctuels : redressement de trottoirs (rue des Dames), création d'une zone deux-roues et d'un accès pompiers devant le n°39 de l'av. de Clichy, création d'un passage protégé devant le Monoprix, réfection d'un mobilier urbain à l'agonie, etc..

Une décennie de lobbying

En janvier 2001, les principales listes candidates aux élections municipales des quatre arrondissements concernés, interrogées dans le Bulletin n°10, affirmaient unanimement que la place de Clichy devrait subir une rénovation globale lors de cette mandature, engagement confirmé dans la plate-forme présentée par le maire et la municipalité élus. Dès l'automne 2001, nous consacrions un premier dossier (cf. Bulletin n°11) à l'enfer urbain que subit la place de Clichy. Alors que la transformation des boulevards de Clichy et de Rochechouart en "axe civilisé" était décidée, nous soulignions l'ardente nécessité d'oser la rénovation de la place de Clichy en relation directe avec le nouvel axe civilisé désormais prolongé par les "nouveaux " boulevards Barbès et Magenta. En 2003, déCLIC 17/18 saisissait les conseils de quartier dont elle est membre pour obtenir que soit convoquée une réunion publique sur l'état de la place de Clichy et de l'avenue de Clichy. De fait, en novembre 2003, se tinrent deux réunions publiques, l'une à l'école Brochant autour de deux adjoints au Maire du 17e arrondissement, l'autre au Cinéma des Cinéastes en présence des quatre maires d'arrondissement.À l'occasion, on entendit quelques uns promettre des décisions rapides et des plans dans les six mois… Excès de zèle ou précipitation intéressée? Nous n'en demandions pas tant! Au moins, le débat public était-il lancé…

Le 18 juin 2004, M. D. Baupin, adjoint au Maire de Paris, chargé de la voirie et des transports, annonçait par communiqué de presse l'intention de la Ville de Paris de réaliser des "aménagements de proximité" à court terme avant une " requalification globale à moyen terme". De plus, interrogé par notre association lors de son compte-rendu de mandat en novembre 2004 dans le 17e arrondissement, M. le Maire de Paris confirma que la rénovation de la place de Clichy constitue bien un de ses engagements pris en 2001 auprès des Parisiennes et des Parisiens et ajouta que, les études techniques achevées, le financement de cet aménagement devra être engagé sans délai.

Cet intense travail de persuasion et de communication tous azimuts mené auprès de tous les décideurs municipaux porte ses premiers fruits puisqu'en décembre 2004, sont présentées publiquement au lycée Jules Ferry les principales alternatives de réaménagement de la place étudiées par les services de la Ville, de même qu'une première analyse de l'état de l'avenue de Clichy. À cet instant, nous goûtions le résultat d'une décennie d'efforts où notre association a porté sans relâche les revendications légitimes de tous les riverains et habitants. Mais nous ne savons que trop, l'expérience aidant, combien les décisions stratégiques d'aménagement urbain sont, à Paris, lestées de longs délais et de procédures compliquées. Et, last but not least, la rénovation de la place de Clichy, parce que celle-ci est partagée par quatre arrondissements, nécessite un dialogue, sinon un accord, entre quatre maires et quatre conseils d'arrondissement de taille, d'intérêts et de positionnement politiques distincts. Autant dire que la bataille ne fait que commencer !

Des places de Clichy…

Ce que d'aucuns appellent la place de Clichy n'est qu'une partie de la zone d'échange et de communication qui s'étend, d'ouest en est, du boulevard des Batignolles à celui de Clichy,du nord au sud,de l'avenue de Clichy aux rues de Clichy et d'Amsterdam. En réalité, la topographie tortueuse des lieux, avec ses trois ronds-points et son terre-plein central, supporte l'héritage direct de l'enceinte du Mur des Fermiers Généraux et de la Bastille de Clichy, laquelle trônait face à la rue Biot. En 1830, les boulevards d'aujourd'hui formaient le boulevard extérieur de l'enceinte, au nord duquel s'étendaient la petite commune des Batignolles, de part et d'autre de la Route Royale (l'avenue de Clichy) et, au-delà de la rue des Dames et de la rue des Carrières (Ganneron), celle de Clichy. La place de Clichy proprement dite se trouve donc à l'intersection de ce boulevard extérieur et de l'actuelle avenue de Clichy, itinéraire contournant la Butte Montmartre en direction de Saint-Denis. Logiquement, le diagnostic des services de la Ville englobe donc la place et le boulevard de Clichy, jusqu'au Pont Caulaincourt, ainsi que l'extrémité nord de la rue de Clichy. Zone d'échange par excellence, cet espace voit chaque mètre linéaire utilisé pour des activités commerciales ou de service, s'étendant par capillarité à tous les axes adjacents.Noeud de communication vital pour le nord-ouest parisien, il concentre une circulation automobile dont l'intensité se mesure au niveau d'exposition au bruit diurne (77dBa) et nocturne(73 dBa), à la limite du supportable. Et l'on ne dispose pas de mesures de la pollution atmosphérique!

Officiellement, il ne s'y trouve aucune place de stationnement,même si le stationnement gênant endémique prévaut et que, les fins de semaine, des cars de tourisme s'y arrêtent plusieurs heures. En conséquence de quoi, les livraisons, fort nombreuses, s'organisent sur les couloirs de bus. Quoi de plus naturel, puisque la place est desservie par sept lignes de bus (30, 54, 68, 74, 80, 81, 95)! Deux lignes de métro des plus chargées du réseau parisien (2 et 13) s'y croisent. Pour les atteindre, le piéton peut choisir les longs couloirs et escaliers (la 13 devant la librairie, la 2 sur l'îlot central) ou tenter la traversée de la place. La traversée nord-sud étant quasi impossible, il contournera les ronds-points et empruntera les passages qui lui sont a priori dédiés, mais à ses risques et périls : certains ne sont pas protégés par des feux de signalisation, d'autres ne lui laissent que 13 à 20 secondes pour traverser. Aussi ne s'étonne-t-on pas que 80% des accidents impliquant des piétons aient lieu sur les passages "protégés". D'ailleurs, les accidents corporels les plus graves sont situés sur l'axe nord-sud, avenue de Clichy et rue d'Amsterdam.De façon évidente, pour le piéton, le cheminement est-ouest est impossible, l'accès à l'îlot et au terre-plein centraux très difficile. Les trottoirs sud trop étroits et l'angle ouvert de l'avenue de Clichy génèrent une grande insécurité. Enfin, les multiples croisements des flux automobiles ne peuvent qu'alimenter le chaos urbain et nuire à la maîtrise de la circulation.Ceci explique,sans doute, l'absence de régulation du trafic par la police…

Trois hypothèses d'aménagement

Les services techniques de la Ville ont présenté trois possibilités de réaménagement. La configuration actuelle de la place présente deux rond-spoints giratoires inaccessibles aux piétons, le premier de faible diamètre, au droit de la rue Biot autour de trois poteaux d'éclairage, le second, plus vaste, sur l'axe nord-sud, avenue de Clichy/rue de Clichy, autour de la statue du Général Moncey. Elle juxtapose à une très faible distance deux mouvements giratoires en friction permanente. Elle induit, si l'une des voies desservies est embouteillée, le blocage complet de la place. Pire encore, au bénéfice exclusif de la circulation automobile, elle ignore complètement les piétons dont le cheminement est-ouest est impossible. À observer les plans historiques d'avant 1850 et des années 1920, on comprend l'absurdité topographique actuelle : la ligne de tramway ouest-est constituait l'épine dorsale de la continuité des boulevards, utilisant le terre-plein central face au lycée Jules Ferry comme point d'arrêt. La complexité actuelle est encore aggravée par des cisaillements supplémentaires, comme la coupure de l'axe est-ouest par le débouché de la rue de Douai et le double sens des cinquante derniers mètres de la rue de Clichy en direction de la rue de Bruxelles.
Nous ne présentons ci-dessus que la solution "2". En effet, la solution "3", en prolongeant le terre-plein central du boulevard des Batignolles jusqu'à la hauteur de la rue Biot, supprime la circulation descendante de la rue de Saint-Pétersbourg,donc l'accès au quartier Europe. De plus, l'itinéraire du bus 80 vers Saint-Lazare devrait être dévié. Deux raisons essentielles pour ne pas retenir cette solution. Les propositions "1" et "2" conservent l'accès actuel du quartier Europe et ne diffèrent que par l'organisation de la circulation giratoire de la place de Clichy proprement dite. Dans la " 1 ", les deux axes giratoires actuels sont maintenus alors que, dans la " 2 ", ils sont confondus en reconstituant un terre-plein central unique sur l'emplacement même de la bastille historique.

Aussi, des trois propositions, la proposition n° 2 nous paraît la plus simple et la plus cohérente


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