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Pour désaturer la ligne M13, le STIF et le Conseil Régional ont choisi : la ligne M14 sera prolongée jusqu'à Mairie de Saint Ouen.
C'était le choix de déCLIC 17/18. Livraison dans 8 ans. D'ici là…

La nouvelle a été annoncée le 8 avril par Jean-Paul Huchon, président du Conseil Régional d'Ile de France et président du STIF : un plan d'amélioration des transports publics est lancé pour les dix prochaines années, financé à la hauteur de 18 milliards d'euros, sans aide de l'Etat.
En ce qui concerne plus particulièrement nos quartiers, a été présenté le projet de désaturation de la ligne M13 par le prolongement de la ligne automatique M14 (Olympiades-Saint Lazare) jusqu'à Mairie de Saint-Ouen.

Enfin !

Les élus du STIF (ils n'en exercent la responsabilité que depuis juin 2006) étaient parfaitement conscients des conditions de transport lamentables dont pâtissent les usagers depuis des années, qui s'aggravent régulièrement du fait de l'augmentation de la fréquentation (2 stations supplémentaires ouvertes à Gennevilliers en juin 2008) et des pannes et incidents techniques qui, quotidiens, deviennent la règle.
On enregistra des tentatives d'amélioration, 280 millions d'euros financés par le STIF et la RATP permirent le gain de quelques secondes entre chaque rame, en accélérant leur retournement au terminus de Châtillon; des portes palières furent installées à Saint-Lazare, puis enlevées (elles seront réinstallées en 2011 dans quelques stations) ; des " pousseurs " s'affairent à gérer les flux de voyageurs à Saint-Lazare. On ne dira rien du fameux système Ouragan d'Alcatel qui devait être opératoire en 2007 et qu'on attend au mieux pour 2011.
Au reste, toute tentative d'augmentation de la fréquence des rames " bloque " sur l'entassement humain de la station Saint-Lazare qui retarde les rames en amont.

Le plan de rénovation des rames (on fait du neuf avec des wagons 1973) a pris du retard (20 trains livrés sur les 67 prévus) et le fournisseur STP de Cannes La Bocca est au bord de la faillite… On est en droit de se demander si la ligne 13 est redressable. C'est pourtant le quotidien de 600 000 usagers.

STIF et RATP avaient lancé en 2007 une étude pour la désaturation de la ligne 13 d'un coût de 25 millions d'euros. Plusieurs solutions ont été étudiées.

1 - dédoublement de la ligne M13 par la construction d'une nouvelle ligne M13bis de Saint-Lazare à La Fourche qui se continuerait par une des deux branches vers le nord. Ainsi disparaîtrait l'effet Fourche, cause principale selon certains de tous les maux. Mais les travaux, jugés très difficiles, devraient se faire en tranchée ouverte, et la ligne serait fermée pour une période de 6 à 12 mois. L'étude STIF- RATP diagnostique un gain de trafic nul à l'heure de pointe du matin. Coût d'investissement : 640 millions d'euros minimum.

2 - prolongement de la ligne M4 de Porte de Clignancourt à Mairie de Saint-Ouen, sans difficulté technique particulière, et un gain de trafic à l'heure de pointe du matin : + 8100 passagers, la branche Asnières-Gennevilliers restant saturée. Coût d'investissement 890 millions d'euros.

3 - création d'un tronçon du futur métro Arc Express, de Saint-Denis à La Défense, sans difficulté technique particulière. Gain de trafic à l'heure de pointe du matin de + 36 000 à + 42 000 passagers selon le tracé retenu. Coût de l'investissement 1800 à 2000 millions d'euros.

4 - prolongement de la ligne M14 jusqu'à Mairie de Saint-Ouen, sans difficulté technique particulière. Gain de trafic à l'heure de pointe du matin + 15 000 passagers. Coût de l'investissement : 890 millions d'euros.

Les coûts d'investissement indiqués sont hors taxe en janvier 2007. Actualisés, ils seraient pour la solution retenue - prolongement de la ligne M14 - de 950 à 970 millions d'euros.

Selon l'étude STIF-RATP, le projet retenu, le prolongement de M14 de Saint-Lazare à Mairie de Saint-Ouen, soit 5,2km, répondra durablement aux problèmes de saturation de la M13, tant sur le tronc commun que sur les deux branches avec une baisse de fréquentation estimée à moins 25% (mais M13 est saturée à 116% aux heures de pointe, et on attend une augmentation de fréquentation de plus de 2% par an…)

Trois nouvelles stations sont envisagées :

- Porte de Clichy ( correspondance M13 Asnières-Gennevilliers et RER C ) à proximité du parc Batignolles-Cardinet, ses 3500 logements et 6500 nouveaux emplois prévus et peut-être le futur Tribunal de Grande Instance ).

- Clichy - Saint-Ouen ( correspondance RER C) à la limite des 2 communes, desservant les nombreuses ZAC du secteur, notamment celle des Docks de Saint- Ouen, et aussi le secteur Porte Pouchet en pleine transformation.

- Mairie de Saint-Ouen ( correspondance M 13 Saint-Denis permettant aux usagers de Saint-Denis de rejoindre M14 pour atteindre rapidement Saint-Lazare, Châtelet et Gare de Lyon)

Une nouvelle station complémentaire est " réservée " à Rome (correspondance M2).

On ne comprendrait pas que l'ouverture de cette station, seule correspondance possible avec la ligne Nation-Dauphine soit retardée., Et, au risque
de " parisianisme ", on souhaitera que ce prolongement de M14 très " banlieue " desserve aussi les Batignolles et le quartier de l'Europe.

La ligne M 14 ne risque-t- elle pas elle aussi la saturation ?

L'étude STIF - RATP affirme que si M14 est actuellement exploitée avec 6 voitures, les nouvelles stations seront prévues pour accueillir les rames à 8 voitures. Sage précaution quand on sait que M14 connaît une fréquentation qui dépasse largement les prévisions de la RATP, surtout depuis que Saint-Lazare est desservie.

Et déCLIC 17/18 dans tout ça ?

Depuis des années, il n'était pas une rencontre avec un élu, pas une réunion de travail, pas un numéro du Bulletin de Liaison où on n'évoque l'état lamentable de la ligne et où l'on ne demande une décision rapide pour y remédier (d'autant plus nécessaire qu'on savait pertinemment que les travaux seraient longs). Ce site internet bruisse de descriptions apocalyptiques…

En 2006 et 2007, des adhérents de déCLIC 17/18 s'étaient investis dans ensemblepourlaligne13, qui faisait signer aux bouches de métro du quartier et jusque sur les quais des pétitions pour la désaturation de la ligne 13 (7000 signatures récoltées).

Dans la toute dernière période, alors que jour après jour, de panne en incident technique, la situation s'aggravait, on savait que l'heure des décisions approchait. STIF et Conseil régional s'apprêtaient à annoncer le choix opéré entre les différentes options étudiées pour désaturer la ligne 13. Le Président de la République annonçait pour le 29 avril un important discours consacré aux transports en Ile de France. Christian Blanc, secrétaire d'Etat chargé de la région capitale, doit au même moment faire connaître ses propres choix (on parle entre autre d'un métro de 130 km de long, enterré sous la très très grande banlieue, d'un coût de 15 à 20 milliards d'euros).

C'était le moment de se montrer.

déCLIC 17/18 a pris contact avec des comités d'usagers ligne 13 de Saint-Ouen et Saint- Denis qui travaillent avec la CGT-RATP, a assisté à la constitution d'un comité d'usagers à Saint-Ouen et a renoué le contact avec ensemblepourlaligne13.Avec eux, déCLIC 17/18 a appelé à un rassemblement devant le STIF le 27 mars (nous préférons le terme de rassemblement à celui de manifestation, le STIF à nos yeux n'étant pas un adversaire mais un partenaire). Pour l'occasion, déCLIC imprima et distribua 5000 tracts aux bouches de métro du quartier.

Le 27 mars, donc, une délégation dont faisait partie déCLIC 17/18 fut reçue par Serge Mery, conseiller régional vice-président du STIF, et Jean Brafman, conseiller régional président du Comité de Suivi de la ligne 13 (déCLIC 17/18 siègera désormais dans ce Comité pour porter la parole des usagers parisiens). Nous eûmes la primeur du choix de la prolongation de M14. Discussion animée car nos partenaires de Gennevilliers, Saint Denis et la CGT-RATP faisaient, eux, le choix du dédoublement de M13. On se quitta sur le projet d'une conférence de presse avec le STIF fin avril pour rappeler à l'Etat ses devoirs en matière de financement des transports publics, Grenelle de l'Environnement oblige. Ceci, même si le Conseil Régional et le STIF s'affirment prêts à financer la totalité des 18 milliards d'euros consacrés à l'amélioration des transports de la Région pour les 10 ans à venir par les seules contributions de collectivités et le recours à l'emprunt.

Le 3 avril, déCLIC 17/18 rencontrait à l'Hôtel de Ville Annick Lepetit députée de Paris, adjointe au maire de Paris (déplacements, transports, espace public) et vice-présidente du STIF : à l'ordre du jour, désaturation de la ligne 13 et des précisions sur le choix effectué.

Le Président de la République entre en scène

Le 29 avril, Nicolas Sarkozy a annoncé un vaste Plan Transport de 35 milliards d'euros. Ce plan valide les projets de la Région, sans pour autant faire référence
au STIF, ni au Schéma directeur SDRIF adopté par la Région en septembre 2008. Est confi rmé le prolongement de M14, que Nicolas Sarkozy souhaite au-delà de Mairie de Saint-Ouen, jusqu'à Carrefour Pleyel, avec une connexion à Métrophérique, projet pharaonique de métro automatique de 120 km reliant à 60 km/h
les pôles d'affaires de grande banlieue et les aéroports.

Et le financement ? L'idée d'un partenariat public-privé fut avancée par Christian Blanc en mars, puis rejetée en mai.…

Dans le même temps, Brigitte Kuster, maire du 17ème, déclarait avoir reçu l'assurance de l'Elysée de l'ouverture d'une station Cardinet. Parfait pour la ZAC Batignolles-Cardinet, si ce n'est pas au détriment de la station Rome, dont la création n' est pas acquise.

Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes ?

Pas vraiment car la livraison de M14 prolongée est prévue au mieux pour 2017. Comment survivre jusque-là avec une fréquentation qui augmente de 2% par an et l'arrivée prévue des habitants et des salariés des terrains Batignolles-Cardinet et des Docks de Saint-Ouen ?
Les améliorations techniques apportées à M13 (Ouragan finira bien par fonctionner un jour…) ne peuvent être que cosmétiques. déCLIC 17/18 n'a pas LA solution.
Pourtant on proposera que soit mise en place une offre de bus parallèle à M13, à cadence rapprochée, qui pourrait ne s'arrêter qu'aux seules stations de métro, voire aux seules correspondances. Mais un autobus offre moins de place qu'un seul wagon de métro. Envisager la relance du bus à 2 étages qu'on a connu sur la ligne 53 ?
Encore faut-il que cette noria de bus, comme les bus des lignes existantes dont on peut encore accélérer la fréquence, ne soient pas gravement retardés par le stationnement sauvage (la RATP a parfaitement identifié les principaux blocages : la police nationale n'intervient guère). Le réaménagement annoncé des avenues de Clichy et de Saint-Ouen pourrait permettre de faire circuler les bus en site propre au nord de La Fourche. Mais entre La Fourche et la Place de Clichy ? Mais rue d'Amsterdam ? On peut sans doute envisager l'installation de caméras de surveillance dans les couloirs de bus pour pallier la carence de la police.
Si le coût de ces mesures n'est pas mince, la mise en service peut être rapide.
On l'a vu pour l'amélioration du service du bus 81 : pétition en janvier-février, décision prise en avril, mise en service le 24 novembre 2008.
Cela témoignerait au moins de la volonté d'accorder une vraie priorité aux transports publics et de l'intérêt porté aux usagers.

Et si élevé que soit le coût, quel est le coût économique des retards si fréquents sur M13, quel est le coût humain de l'épuisement des usagers, de leur démoralisation causée par des conditions de transport indignes infligées à ceux dont on a trop longtemps oublié qu'ils sont des citoyens ?

D'ici 2017, on n'a pas fini d'en parler
.



[11 avril 2008]

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