Association des quartiers de la place de Clichy, des avenue de Clichy et de Saint-Ouen    Bonjour ! Nous sommes le


  Accueil les Actions Les terrains Batignolles-Cardinet-Clichy la dernière emprise industrielle

Voilà des années que l'on s'interroge sur le devenir de la vaste emprise ferroviaire connue sous le nom historique de Gare des Batignolles-Marchandises. Ce quadrilatère vit la naissance des chemins de fer français et parisiens dans les années 1820. Ainsi le faisceau ferré Normandie-St Lazare utilise le couloir d'Argenteuil vers Paris entre les collines de Chaillot et la Butte Montmartre, passant sous la ligne de crête du boulevard des Batignolles pour rejoindre la gare Saint-Lazare. En amont de ce tunnel, à ciel ouvert depuis l'accident de 1921, déblai au nord et remblai au sud permirent la construction d'une surface plane, servant de zone de fret et de garage ferroviaires. À partir de ce site se développe aussi la petite ceinture, vers l'Ouest en tranchées pour le transport des voyageurs, vers l'Est en talus pour desservir les anciennes zones industrielles du nord parisien. Et, de fait, la gare des Batignolles découpe le 17e arrondissement : à l'Ouest, le bâti résidentiel de standing (la plaine Monceau), à l'Est, le quartier faubourien et ouvrier (les Épinettes), au Sud, le vieux village des Batignolles enfermé dans ses frontières historiques. La construction du périphérique dans les années 60 en partie sur la zone non-aedificandi des Fortifications de Thiers achève d'enserrer les terrains Batignolles-Cardinet entre la zone urbaine où l'habitat domine et suit le relief naturel, le territoire industriel, plat et homogène, et les limes périphériques dévolues au réseau routier. Conséquence du déclin du fret ferroviaire et de la concurrence féroce de la route (la SNCF y a installé sa filiale de transport routier, l'ex-SERNAM, aujourd'hui Geodis, désormais implantée à Clichy), les années 1980-90 voient l'extinction progressive de cette zone d'activités et posent la difficile question de sa reconversion.

Un espace de 60 ha. environ, à aménager et reconstruire

La zone, que nous appellerons ZAC BCC, s'étend sur 60 hectares tout compris. Elle comprend grosso modo deux parcelles de part et d'autre du boulevard Berthier : l'une entre l'avenue de Clichy (jusqu'à la porte de Clichy), la rue Cardinet, le bd. Péreire Sud, la rue de Saussure et, au nord, le bd. Berthier ; l'autre entre les bds. de Douaumont et Berthier, l'avenue de la Porte de Clichy (Est) et les voies ferrées St-Lazare (Ouest) qui bordent la Zac de la Porte d'Asnières. On y trouve encore une activité de fret résiduelle, l'infrastructure existante étant partiellement louée à des activités commerciales diverses, deux complexes hôteliers avenues de Clichy et de la Porte de Clichy, des immeubles d'habitation, propriété de la Sablière (rue Cardinet et le long de l'avenue de Clichy) ou de la Ville (rue André Suarès), et, enfin, les Magasins de l'Opéra de Paris, classés monument historique avec le bastion 44 de la défense Thiers, et le théâtre de l'Odéon, boulevard Berthier.

Un parc de 11 ha., c'est sûr ! Un Village Olympique ...

Dés 2001, le maire de Paris élu, B. Delanoë, qui, lors de sa campagne, promit de construire un grand parc aux Batignolles, décide de lancer une consultation d'urbanisme en confiant à quatre équipes pluridisciplinaires d'architectes et d'urbanistes le soin de concevoir les grands principes d'aménagement de la ZAC BCC. Alors qu'était attendu début 2003 le résultat de ces travaux, la Ville de Paris, en accord avec l'État et la Région, décide de présenter à nouveau sa candidature à l'organisation des Jeux Olympiques pour les XXXe Olympiades en 2012. Comme la candidature parisienne pour les JO en 2008 avait échoué à cause de l'éloignement excessif du Village Olympique des principaux sites de compétition, le comité organisateur français, le GIP Paris JO 2012, propose, cette fois-ci, d'implanter le Village sur le site des Batignolles, à mi-distance d'un noyau Nord (Plaine de France- Saint Denis - Porte de la Chapelle) et d'un noyau Ouest (Porte de Saint-Cloud, Bois de Boulogne). Les équipes remettent leurs travaux sur l'établi pour intégrer cette nouvelle contrainte dans leur programmation. Ainsi la candidature de Paris à l'organisation des Jeux Olympiques 2012, dont la première étape vient d'être franchie le 18 mai 2004 avec l'établissement d'une liste de cinq villes restant en lice, dont Paris, interfère directement avec le projet de la ZAC BCC.
En octobre 2003, l'équipe composée de François Grether et Jacqueline Osty est désignée par la Commission d'appel d'offres de la Ville de Paris. Elle doit respecter les quatre objectifs généraux suivants spécifiés par le cahier des charges : (1) recoudre le territoire entre Monceau et les Épinettes et supprimer les coupures ; (2) créer un nouveau parc et valoriser les espaces publics ; (3) améliorer la desserte en transports en communs (bus 31, ligne 13, RER E) et développer le transport des marchandises par la voie ferroviaire ; (4) favoriser la mixité urbaine (activités économiques, logement de différentes catégories) et valoriser les éléments patrimoniaux (bastion 44, gare Pont Cardinet, Magasins Généraux). La gageure que doit relever l'équipe d'architectes consiste donc à concevoir simultanément le Village Olympique sur lequel pèsent des contraintes draconiennes et le futur quartier qui doit utiliser un maximum d'équipements déjà présents sur le site.

Dès 2005, première phase de travaux avec la construction d'un parc de 4,5 ha et d'équipements publics.
Le pari(s) Olympique,passion du sport, mais aussi atout décisif pour notre quartier

Beaucoup s'inquiètent que deux projets bien distincts soient aussi intimement imbriqués. Or, d'une part, la ville organisatrice des JO 2012 sera choisie à Singapour le 6 juillet 2005, ne laissant que treize mois au G.I.P. Paris JO 2012 pour parfaire son projet. Mais, d'autre part, le choix de Paris aura une double incidence : financière puisque, avec les JO, la Ville n'assumera pas seule le coût de la restructuration du site des Batignolles mais recevra l'aide directe de l'État et de la Région ; calendaire puisque la Ville aura l'obligation d'achever fin 2011 le Village Olympique.
Bien entendu, si le choix définitif de la ville organisatrice des J.O. 2012 se portait sur Paris, le calendrier de réalisation de la ZAC en serait fortement accéléré. Alors que la ZAC jumelle de la porte d'Asnières a mis quatorze années pour sortir définitivement de terre, la ZAC BCC devra être conçue, construite et quasi finie en moins de quatorze semestres ! Évidemment, l'enjeu olympique dépasse largement les seules frontières du 17e et de son futur urbanisme mais, sans les JO, soyons sûrs que le réaménagement des Batignolles, gagé sur les seuls fonds de la Ville, s'étalerait sur plus d'une décennie.

Quels projets pour le long terme ?

Le foncier parisien est une denrée rare et chère, et surtout à cette échelle. On comprend aisément que les principaux propriétaires de la ZAC, SNCF, RFF et Géodis, mettent un soin tout particulier à " monnayer " leur trésor. Ainsi, depuis décembre 2001, se noue entre l'État, la Ville de Paris, la Région Île-de-France et les propriétaires une discussion complexe tant par ses aspects politiques, juridiques que patrimoniaux afin de trouver l'affectation la plus efficace à ce gigantesque puzzle. Et l'on peut compter sur les besoins les plus variés d'une métropole aussi dense que Paris pour suggérer une multiplicité de possibilités.
D'ores et déjà, décision a été prise de réaliser dès le début de l'année 2005 une première tranche (4,4 ha.) du futur parc, ainsi que des équipements publics (école polyvalente, collège, résidence étudiante) sur un polygone de 5,5 ha. en bordure de la rue Cardinet, de l'avenue de Clichy et de l'impasse Chalabre. Le parc définitif de 10,5 ha., dont un jardin de 5,5 ha. en un seul tenant, offrirait un vaste espace paysager structurant la ZAC. On a aussi pu évoquer les projets suivants :
o l'implantation d'un centre de tri des déchets, au nord de la ZAC, répondrait au besoin d'un maillage de la capitale par des centres de tri situés non loin de voies ferrées, d'où seraient acheminés les déchets vers des usines de traitement hors agglomération ;
o une plate-forme multimodale utilisant une partie du faisceau ferré assurerait le transport des marchandises et de l'approvisionnement de Paris sur rail puis par petits camions, pourquoi pas électriques ;
o un parking semi-enterré pour les autocars en liaison directe avec le périphérique désengorgerait la circulation urbaine du trafic des cars de tourisme vers Montmartre et les Grands Boulevards ;
o la S.N.C.F. pourrait conserver une partie de son emprise pour le fret et, surtout, réserver des voies pour la branche Ouest du RER E, Éole, autrement appelé Éléonore ;
o outre des programmes mixtes de logements et d'activités économiques, a été évoquée l'arrivée des services du Conseil Régional d'Île-de-France.
Bref, les idées ne manquent pas. Mais tous ces projets ne sont pas compatibles entre eux. Les architectes-programmateurs devront ainsi conjuguer besoins à satisfaire avec les contraintes architecturales et financières.

La chance de faire participer les habitants et les riverains à l'élaboration de la Ville du XXIe siècle

Si le temps presse, on ne peut s'empêcher de regretter que le débat ait été jusqu'ici confiné à l'enceinte capitonnée d'un comité de pilotage restreint présidé par le Préfet de Paris, préfet de la région Île-de-France. On nous rétorque " clause de confidentialité de la candidature des JO 2012 ". Mais, s'agissant d'une des dernières mutations urbanistiques majeures à Paris, l'occasion rare nous est donnée de reconstruire le cœur du 17e arrondissement en le dotant des équipements publics indispensables (médiathèque-bibliothèque, crèche, écoles maternelle et primaire, commissariat central de Police, maison des associations) mais aussi de " recoudre " un tissu urbain morcelé. Et, dans ce domaine, les habitants, les riverains et les associations de quartier n'ont pas manqué d'alimenter le débat dans les conseils de quartier, comme lors de la discussion du futur PLU.

S'il est permis de rêver...

S'il est encore temps de proposer et, pourquoi pas ?, de rêver, ajoutons aux sages principes ci-dessus quelques idées, pas si folles que ça.
La couverture des voies ferrées de la rue de Rome jusqu'au périphérique serait aménagée en promenade, véritable " coulée verte " cyclable, accueillant petits équipements publics et immeubles d'activités commerciales de faible hauteur, assurant la jonction entre les quartiers voisins. La gare de la ligne RER E prolongée vers l'Ouest, au-dessus du boulevard Berthier, serait connectée à la ligne de Tramway Maréchaux Nord, à une gare centrale de cars de tourisme et de bus RATP et à un vaste parking (1500 places). Une refonte globale du Plan de Déplacements Urbains donnerait enfin vie aux grands axes du quartier. À l'Ouest, l'avenue de Clichy, axe " civilisé ", serait mise en sens unique de La Fourche à la Porte de Clichy alors que le Boulevard Malesherbes deviendrait l'axe d'entrée principal. Les boulevards Berthier, des Batignolles et la rue Cardinet formeraient les barreaux d'échange entre ces deux axes d'entrée et sortie. Les transports en commun recevraient enfin les investissements nécessaires à la mesure de leur intense fréquentation. La ligne 13 serait débranchée grâce à l'extension de la ligne 14 de Saint-Lazare à La Fourche et deviendrait la ligne tangentielle à l'est de la ZAC BCC, alors que la ligne E du RER relierait sa branche Nord-Ouest au pôle Évangile-Porte d'Aubervilliers (gare à construire). La ligne Mobilien 31 serait enfin mise en site propre et le service du 66 étendu. Enfin, la rénovation de ces deux grandes avenue du Nord-Ouest parisien, les avenues de Clichy et de Saint-Ouen, redonnerait vie à leurs fonctions d'échange et de communication entre les quartiers qu'elles desservent.

Prochains rendez-vous

À l'issue de la réunion publique du 3 juin, rendez-vous a été pris à l'automne prochain pour une présentation plus détaillée de la première tranche de l'aménagement de la ZAC BCC : Parc des Batignolles, équipements collectifs, etc..
En septembre 2004, sera aussi connue l'équipe lauréate de la construction du Repère Olympique inauguré en janvier

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