On
ne connaît que trop l'aspect calamiteux de l'ancienne gare
de petite ceinture, avenue de Saint Ouen, défigurée
depuis si longtemps par l'habillage de tôle d'un bazar -
soldeur
La
gare aujourd'hui
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La
gare hier
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Ce que l'on sait moins c'est que sous ces oripeaux se cache un
joli bâtiment (voir Bulletin de Liaison n°14 - 15 sur
notre site). C'est aussi qu'il y a un responsable à ce
gâchis : RFF, une grande société nationale
qui semble se soucier comme d'une guigne des lois et règlements,
des rappels à l'ordre qui lui sont lancés par la
Ville de Paris, de l'image indigne qu'offre le bâtiment
dont elle est propriétaire et de l'exaspération
des habitants du quartier.
Certes le locataire du bazar est responsable, pas gêné
par l'apparence sordide de la devanture, même s'il se déclare
prêt à l'améliorer. Notons qu'un ancien locataire
du bazar était en conflit avec la Ville de Paris au sujet
d'une enseigne illégale, la demande d'autorisation, déposée
à posteriori ayant été refusée, la
Ville demandant sa dépose ; sans effet ; d'où contentieux
; mais le départ de cet ancien locataire avait clos la
procédure. On voit la difficulté pour les services
publics de faire respecter les lois et règlements. Le locataire
actuel serait lui aussi en procès avec RFF qui demande
son éviction. Mais la justice est lente
Tout aussi sordide l'état de la voie ferrée, jusqu'au
croisement de la rue Vauvenargues jonchée de déchets
divers, murs de soutènement tagués, grilles de protection
pas repeintes depuis des décennies, depuis la dernière
guerre mondiale nous confient des personnes âgées.
Tout aussi rouillées sont les grilles du chemin de fer
du réseau Saint Lazare, lui en pleine activité,
place de l'Europe et sur les ponts Cardinet, La Condamine, Legendre.
Merci RFF.
A l'automne dernier, une chaîne de télévision
câblée a repassé un téléfilm
" Deux filles en cavale " policier de 2000, tourné
pour l'essentiel dans les locaux de cette pauvre gare de la petite
ceinture : déglingue, crasse, tags. Tout ce qu'il faut
pour faire frissonner dans les chaumières. On imagine le
propriétaire des lieux, qui a dû percevoir de l'argent
pour le tournage, " vendre " à la production
ce lieu emblématique du sordide
Suite aux interpellations de Déclic 17/18, en Conseil de
Quartier ou dans le Bulletin, des élus sont intervenus
auprès de la direction de RFF. La Ville de Paris (Direction
du Logement et de l'Habitat) après un premier courrier
le 14/12/05, sans réponse, en a adressé un second
le 18/08/06 au directeur régional de RFF M. Chaineaux,
toujours dans réponse fin septembre. L'un et l'autre évoquaient
l'obligation des propriétaires " de tenir leur immeuble
en bon état de propreté sur l'injonction de l'autorité
municipale (
) et le défaut de ravalement de cet immeuble
en très mauvais état d'entretien ". Que faire
face à une telle inertie ou un tel mépris ?
C'est pourtant une bien vieille affaire. Des habitants de la rue
Vauvenargues ont confié à Déclic 17/18 un
épais dossier des lettres envoyées à diverses
personnalités depuis 1992. Citons quelques extraits.
Réponse de M. Roger Chinaud, maire du 18ème, adjoint
au Maire de Paris, le 2 mars 1992 :
"
en ce qui concerne l'insuffisance d'entretien des
dépendances de la SNCF, le long de l'ancienne voie ferrée,
je tiens à vous informer qu'il s'agit là d'un problème
dont je me suis préoccupé à de nombreuses
reprises(
) la Ville de Paris a proposé à la
SNCF de constituer un groupe de travail, réunissant les
représentants de cette société et de la Ville,
ce qui a été accepté
"
Réponse de M. Dominique Lamy, adjoint au maire du 18ème
arrondissement, rendant compte d'une réunion de concertation
avec la SNCF sur l'entretien de emprises petite ceinture (20/07/1997)
"
quatre trains hebdomadaires en moyenne, pas de circulation
le week end
pour l'entretien priorité aux lignes
fréquentées par les voyageurs, mais passage régulier
d'un wagon aspirateur et entretien par la Brigade Environnement
de l'ensemble du tronçon situé sur le 18ème
arrt.
fourniture par la Mairie du 18ème d'un grillage
à mailles fixes, posé par la SNCF. "
Réponse de M. Loik Le Floch - Prigent à Mme de Panafieu,
adjointe au maire de Paris - 05/06/1998 qui lui avait écrit
à propos de la dégradation de l'environnement autour
de l'ancienne gare, avenue de Saint-Ouen :
"
nos services locaux procèdent périodiquement
avec le concours des services de nettoiement de la Ville de Paris
à l'enlèvement des détritus de toute nature
déposés dans nos emprises (
) la SNCF ne peut
résoudre à elle seule ces problèmes qui traduisent
un comportement incivique. Son action ne peut que se trouver renforcée
par l'appui de la Ville de paris et au besoin de la Préfecture
de Police (
) la SNCF continuera de veiller à ce que
ses emprises soient nettoyées aussi souvent que possible
"
Nettoyage
? A quel rythme ? les réponses des responsables diffèrent.
Le 30/05/96, le service équipement de la SNCF, 60 bd Ney,
annonce " tous les 6 mois ".
Mais M.Louis Gallois, annonce le 10/10/98 dans une lettre à
M. Stéfanini, Conseiller Régional " un passage
de 2 à 3 jours tous les deux mois ", alors que le
Directeur de la SNCF Paris Nord, dans une lettre à Mme
de Panafieu (21/12/1999) informait : " la zone comprise entre
l'avenue de Saint-Ouen et la rue Vauvenargues est traitée
en moyenne 3 fois par an, chaque intervention durant environ 3
semaines , et chaque année, une dératisation du
site. "
Que
faire de cette gare ?
Dans une lettre du 20/07/99, M .Vaillant, maire du 18ème,
proposait à M. Tiberi, maire de Paris : " la rénovation
et la mise en valeur des gares Ornano et Saint-Ouen, qui pourraient
être affectées à des activités culturelles
ou associatives ". A quoi le chef de cabinet de M. Tiberi
répondait à M.Vaillant le 06/08/99 " à
la demande du Maire de Paris, je suis intervenu auprès
des services municipaux concernés afin qu'ils étudient
vos demandes avec une attention toute
particulière. "
Que penser de ces renseignement techniques si contradictoires,
de ces déclarations si peu suivies d'effets ?
Nous voulons croire à la bonne volonté des élus.
Nous constatons qu'ils se heurtent à la totale désinvolture
de la SNCF et de RFF.
Que pouvons nous faire, les uns et les autres ?
Définir un projet d'intérêt général
pour ce bâtiment ; il sera alors plus facile de conjuguer
toutes les énergies pour faire pression sur RFF. Le 21/01/2004
un vu avait été adopté par la Mairie
du 18ème pour un équipement culturel et social dans
cette gare, vu repris et voté à l'unanimité
en Conseil de Paris le 02/02/2004. Cela passe par l'acquisition
du bâtiment par la Ville. Il semble pourtant que RFF ne
vendrait pas les gares désaffectées à l'unité
mais souhaite les vendre en bloc. Un espoir ? Un protocole a été
signé en juin 06 entre la Mairie de Paris et RFF, qui prévoit
de remettre en état de fonctionnement un tronçon
au moins de la petite ceinture. Et M. Caffet, adjoint au Maire
de Paris, lors d'une réunion publique du 17 novembre 2006
a affirmé qu'il faut conserver les voies en état
de fonctionnement, en cas de " pépin " pour la
circulation de trains entre Saint Lazare et gare de l'Est. L'installation
d'un centre de tri de déchets secs au nord des terrains
Batignolles-Cardinet plaide aussi en ce sens. La rénovation
des gares sera étudiée en partenariat avec la Ville
; déjà la rénovation de la gare Ornano (porte
de Clignancourt) est programmée et sera financée
par la Ville, pour un équipement public. Cela crée
un précédent.
En attendant, exiger de RFF et de son locataire, avenue de Saint-Ouen,
le ravalement du bâtiment et un entretien des lieux qui
semble peu compatible avec l'actuelle nature du commerce occupant.
Et exiger le nettoyage complet et régulier de la voie ferrée.
[Mars
2007]
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