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  Accueil les Actions Les terrains Batignolles-Cardinet-Clichy Batignolles 2013


Alors que la première partie du Parc (4,3 ha) ouvrira cet été, la Ville crée la ZAC Cardinet-Batignolles pour construire le 81e quartier parisien.

Entre la rue Cardinet au sud, les avenues de Clichy et de la Porte de Clichy à l'est, le boulevard périphérique au nord et la rue de Saussure à l'ouest, cette vaste zone est la dernière des grandes friches industrielles parisiennes disponibles avec les terrains du Nord-Est (18e et 19e). Elle occupe une position charnière entre la Plaine Monceau et les Épinettes, d'une part, et entre Paris et les communes limitrophes de Clichy et de Levallois-Perret, d'autre part. Scindée par le boulevard Berthier où subsiste un des rares fortins de l'enceinte Thiers, cette emprise du territoire parisien accueille depuis les années 1830 des installations ferroviaires.
Aujourd'hui, le faisceau ferroviaire Saint-Lazare, en tranchée le long de la rue de Rome, remonte lentement pour émerger en bordure du quadrilatère, enjamber le boulevard Berthier et se prolonger en un long couloir vers l'Ouest. La partie au sud du boulevard Berthier abrite les restes de la gare de Batignolles-Marchandises, des voies de garage des trains et d'entretien de motrices, des ateliers de maintenance, des activités logistiques fer et route (Sernam, Géodis) et reste traversée par la ligne de la Petite Ceinture au très faible trafic.

Une chronologie bien réglée

2002. Le Conseil de Paris autorise le Maire à lancer les marchés de définition et approuve les objectifs d'aménagement du secteur : création d'un grand parc urbain de 10 ha et d'un nouveau quartier d'occupation mixte (bureaux, activités, logements, équipements publics de proximité, etc.) reliant les Épinettes et la plaine Monceau, suppression de certaines coupures existantes (raccordement de la petite ceinture, communes limitrophes, etc.), relance du fret ferroviaire (logistique urbaine, centre de tri des déchets) et amélioration des transports en commun.

2003. La candidature de Paris aux JO 2012 modifie les perspectives d'aménagement à court terme pour installer, le temps d'un été, le Village Olympique et ses équipements.

2004. L'équipe constituée par François Grether, architecte-urbaniste et Jacqueline Osty, paysagiste avec le Bureau d'Études Techniques OGI, est choisie en janvier. L'aménagement du site devait se dérouler en trois phases : la première phase en cours de réalisation avec la construction d'une partie du parc, de logements et d'équipements, la seconde avec la réalisation du Village olympique et la dernière avec la reconversion totale du site et l'extension du Parc. En 2004 aussi, la Ville de Paris acquiert les premières parcelles de 5,5 ha et 4,3 ha.

2005. La Zone d'Aménagement Concerté (ZAC) Cardinet-Chalabre est créée en juin. En juillet, la décision du Comité International Olympique modifie le contexte institutionnel des négociations entre, d'une part, la Ville de Paris et, d'autre part, l'État, Réseau Ferré de France et la SNCF en vue d'acquérir les terrains restants.

2006. Le Premier Ministre confirme en juillet le choix initial de la municipalité de construire plus de 3500 logements, dont 50 % de logements sociaux, y compris 800 logements étudiants. Le coût des terrains, fixé à 3.320 euros le mètre carré dans le projet de protocole avec la SNCF et RFF, fait de cet achat un investissement de 395 millions d'euros pour la Ville de Paris. L'ensemble du projet est évalué à 650 millions d'euros si on y ajoute les 253,7 millions d'euros de coût de reconstitutions sur d'autres sites, aux frais de la ville de Paris, des immeubles appartenant à la SNCF et à RFF aux Batignolles. Selon le projet de protocole d'accord, la SNCF et RFF s'engagent à céder les terrains à la Ville de Paris en quatre tranches successives, les trois premières ventes intervenant en 2009 et 2010.

Un parc et un nouveau quartier

Le nouveau parc, d'une taille supérieure au Parc Monceau, structure le projet urbain. Il répond au manque criant d'espace vert dans un environnement urbain particulièrement dense et offre de nouvelles liaisons entre les Batignolles et les Épinettes à travers le futur quartier. Sa forme et ses allées intérieures se prolongent selon des axes existants, des parcours piétonniers traversants sont créés et de nouvelles voies circulées bordent les nouvelles parcelles bâties. Les nombreuses infrastructures ferrées sont réorganisées et franchies par de nouveaux ponts (un au-dessus du faisceau, un autre franchit le boulevard Berthier) et deux passerelles piétonnes (idem). Les immeubles d'habitation, les équipements et les services de proximité sont installés au pourtour immédiat du parc, les bureaux le long des voies ferrées pour protéger le coeur du site des nuisances sonores. Enfin, des activités logistiques et des équipements d'importance prennent place face au boulevard périphérique. Tous ces aménagements doivent répondre aux exigences de développement durable et l'objectif de " zéro émission " doit être atteint dans tous les aspects du projet urbain (déplacements, production et consommation d'énergies, recueil des eaux de pluie, traitement des déchets, recherche de la Haute qualité environnementale (HQE) pour les immeubles, etc.). Pour que la création architecturale contemporaine s'exprime dans toute sa diversité, les emprises constructibles sont divisées en lots et des consultations internationales auprès de dix équipes d'architectes ont permis de proposer des solutions morphologiques et architecturales variées pour chaque îlot. François Grether en a établi les prescriptions urbaines et architecturales. Entre les ensembles bâtis, desservis par des voies publiques situées sur le côté opposé au parc, des espaces ouverts offriront une profondeur de vues réciproques entre le parc, les logements et les espaces verts privatifs. Les immeubles comporteront deux niveaux bas formant le socle destiné aux équipements de proximité, aux commerces, aux activités et les étages courants, affectés à l'habitation, répartis par volumes distincts offriront plusieurs orientations à chaque logement. Achevé, ce 81e quartier parisien accueillera 12 000 nouveaux habitants.

Phase 1 en cours

La première phase d'aménagement inscrite dans la ZAC Cardinet-Chalabre concerne un secteur de 7,3 ha pour un montant de 62 millions d'euros TTC, hors acquisition du foncier (180 millions d'euros). Entre juin 2004 et mai 2005, ce ne sont pas moins de quatre réunions publiques qui ont été organisées pour informer et recueillir les réactions des habitants. La ZAC Cardinet-Chalabre permet la réalisation de la première tranche du Parc des Batignolles (4,3 ha) livrée au printemps 2007 et la construction de 24 500 m2 de logements, 8000 m2 de services et de commerces, 2500 m2 de groupe scolaire (2009). Il est aussi prévu la création d'un parc public de stationnement à usage résidentiel (2010) d'environ 600 places sous la rue Cardinet, élargie et dotée d'un mail planté, et la requalification de l'impasse Chalabre pour assurer une large ouverture du parc vers l'avenue de Clichy (avec la démolition des immeubles, 165-167-169 et 181 avenue de Clichy).

Phase 2, première réunion publique

Premiers actes de la procédure pour la création d'une seconde ZAC (Clichy-Batignolles) : l'exposition du projet dans une boutique, 165 avenue de Clichy en novembre 2006 et la tenue d'une réunion publique le 17 novembre de 18 heures à 21 heures, dans le gymnase Bianciotto.
Étaient présents, Mme de Panafieu, maire du 17e arrondissement, MM. Caffet, Contassot, Baupin, maires-adjoints de Paris, chargés respectivement de l'urbanisme, des espaces verts, des transports, de la voirie, de la circulation et du stationnement, M. François Grether, architecte-urbaniste responsable de l'ensemble des aménagements, le représentant de Mme Jacqueline Osty, architecte-paysagiste et ceux de la SNCF et RFF, ainsi que différents responsables, ingénieurs ou administratifs, de la Ville de Paris. En dépit du ton alarmiste de certains et les annonces tonitruantes d'un face-à-face tendu, l'assemblée de plusieurs centaines de personnes suivit avec attention la présentation du projet et posa des questions très variées.
Le maire du 17e souligna d'emblée l'importance du projet, se félicita de l'excellente concertation de la première phase mais se déclara réservée sur la construction de 300 logements au nord du site, aux abords des installations logistiques et de service.

MM. Caffet et Grether rappelèrent les grands principes d'aménagement et les représentants de la SNCF et RFF précisèrent les transformations des installations ferroviaires. Créer ex nihilo un nouveau quartier sur une zone dévolue aux activités ferroviaires et logistiques nécessite une mutation complète. Le principe retenu est de regrouper les activités ferroviaires le long du faisceau ferré. La maintenance et les travaux sur réseau sont intégrés dans un volume clos sous dalle, en-dessous des immeubles de bureaux qui servent de protection phonique entre le faisceau ferré et les premiers immeubles d'habitation. Les émissions sonores et polluantes sont filtrées et traitées avant leur rejet. Les voies de garage des trains Grandes Lignes et Transilien de et vers Saint-Lazare sont alignées le long du faisceau ferré, ainsi que le stockage des locomotives sous une dalle. La zone de fret complètement fermée et réorganisée au nord du site entre le périphérique et le bastion Thiers forme un ensemble logistique complet avec la création d'un centre de tri des déchets non putrescibles. La centrale à béton aujourd'hui localisée au sud du site est reconstruite selon les nouvelles normes environnementales et intégrée le long des voies ferrées à la zone de fret.
Sur la future zone de fret, RFF prévoit une diminution sensible du trafic de poids-lourds, de 489 000 camions par an à moins de 100 000. L'idée est de traiter le trafic de fort tonnage par voie ferrée et de livrer les magasins par des camions de petite taille, électriques ou GNV. De même, l'acheminement des déchets non putrescibles pour être triés sur place évite la circulation de bennes de Paris jusqu'en banlieue (Saint-Ouen, Romainville). Une fois triés, les déchets sont acheminés vers les usines de recyclage par camions et, ultérieurement, sur barges fluviales et par voie ferrée. Le départ de la Sernam, de Géodis et de OOshop et le regroupement de toutes les activités de fret et de logistique au nord du site et à proximité immédiate des voies ferrées et du périphérique doivent limiter la circulation des camions.

Deux questions importantes soulevées par les participants : les commerces et les transports collectifs (TC). Le représentant de l'Association des Résidents de la Porte d'Asnières a expliqué que cette ZAC construite de 1994 à 2004 souffre gravement de l'absence de commerces et d'une desserte en TC jamais étudiée. Aux Batignolles, le principe a été retenu d'implanter les commerces en rez-de-chaussée des immeubles d'habitation ("s'il n'y a pas de commerces, il n'y a pas de ville", M. Caffet). Si tout point du site ne se trouve jamais à plus de 400 m d'une station de métro, l'état catastrophique de la ligne 13 pose problème. M. Baupin a évoqué les (faibles) améliorations attendues, la convocation par le STIF de M. Mongin, PDG de la RATP, et les études lancées par la Ville pour prolonger le tramway T3 jusqu'à la Porte d'Asnières. À cet égard, il a regretté que sa proposition de débat public sur le tramway n'ait pas reçu d'écho positif de la part de la mairie du 17e.

Le calendrier des travaux

Restructuration de la voie Chalabre (2007-8), libération progressive des terrains (2008-11), construction des logements, de la crèche rue Cardinet et du collège Saussure en 2009, nouveaux immeubles au nord ainsi que la phase 2 du parc en 2011, la totalité étant terminée en 2012-13. La concertation doit se poursuivre avec la désignation de l'aménageur de cette seconde phase.

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