Huit ans d'interventions, sans relâche, auprès
des élus et des pouvoirs publics car l'avenue de Clichy,
elle aussi, le mérite bien
Voilà
Plus de dix ans, déCLIC 17/18 déposait ses statuts
en Préfecture. À la suite de l'Association de
Sauvegarde de l'avenue de Clichy, l'Association des Riverains de
l'Impasse de la Défense et le Collectif Capron-Clichy-Défense,
déCLIC 17/18 tente de poser dans toute leur globalité
les problèmes dont souffre depuis trois décennies
notre quartier. L'état calamiteux de l'avenue de Clichy reste
le leitmotiv de son action. Mois après mois, elle apostrophe
les responsables, épingle les manquements des uns ou des
autres, alerte élus et media. Mais elle ne peut s'exonérer
de ses responsabilités.
En a-t-elle fait assez ? Avons-nous fait au mieux ? Quel bilan (provisoire)
de cette décennie pouvons-nous tirer ?
Rappelons-nous
l'état du secteur Capron-Lathuille : un vaste terrain vague,
à la place de vieilles bâtisses démolies peu
à peu, propice à toutes les errances, jusqu'à
un cirque qui, installé à quelques mètres des
fenêtres des riverains, ne manqua pas de susciter gêne
et réactions contrastées !
Rappelons-nous aussi le jardin des Deux-Nèthes, projeté
depuis les années trente, inscrit au POS depuis 1985, inexorablement
bloqué.
Rappelons-nous les piquets et les chaînes posés le
long des trottoirs de l'avenue de Clichy pour empêcher les
voitures de s'y garer, piquets bien vite descellés, par vandalisme
ou pour favoriser les livraisons.
Rappelons-nous le parking sauvage, 37-39 avenue de Clichy, et ses
épaves. Rappelons-nous aussi que l'avenue connaissait le
triomphe des friperies : 3 magasins entre la place Clichy et La
Fourche, étalant 7 jours sur 7 sur le trottoir leur marchandise
en vrac dans des cartons ou des portants, sur toute la largeur de
la vitrine (quand elle n'avait pas été purement et
simplement descendue) sur 2 mètres de profondeur. Les uns
après les autres, après maintes difficultés
et retards, les principaux points noirs du quartier furent traités.
On ne compte pas les interventions de déCLIC 17/18 sur tous
ces sujets.
Et l'avenue de Clichy ?
déCLIC 17/18 a persévéré dans sa stratégie
d'alerte tous azimuts à l'intention de ceux qui ont le pouvoir
de décider ou d'informer. Ainsi, en juin 1996, déCLIC
17/18 invita M. Vaillant, maire du 18e, et trois de ses adjoints,
MM. Caffet, Caresche, Lamy, à parcourir le quartier trois
heures durant. Dans le mémoire qui leur fut remis, l'association
signalait la dégradation du mobilier urbain, les étalages
illégaux, les nuisances causées par les friteries,
le stationnement sauvage. À cette occasion, elle proposait
de construire une nouvelle école en lieu et place des locaux
vides du Crédit Municipal, rues Cavallotti et Forest.
Améliorations de voirie en 1999
L'intervention de déCLIC 17/18 lors d'un CICA de la mairie
du 18e rendit possible une réunion de travail sur le terrain.
En novembre 1997, entre la place et La Fourche, des élus,
le Directeur de la Voirie de Paris nord-ouest, l'architecte-voyer,
des représentants de la Police Nationale et déCLIC
17/18 étudient les améliorations souhaitables. Les
mois suivants, le parking sauvage devant les numéros 37-39
est supprimé (trottoir élargi et aménagement
stationnement 2 roues), un feu tricolore installé en face
de Monoprix (qui sait que c'est à Déclic 17/18 qu'on
le doit ?), les piquets de guingois et chaînes branlantes
remplacés par des croisillons. Les étalages sauvages
perduraient, imperturbables, solides dans le non droit, bravant
lois et règlements. Les services de la Ville assuraient que
les commerces coupables étaient assujettis à de lourdes
(?) amendes, payées ou non, mais bien inférieures
aux bénéfices générés par l'occupation
illégale des trottoirs. Lors de la réunion organisée
en octobre 1997 par déCLIC 17/18 sur la sécurité,
le commissaire central du 18e, vivement interpelé sur ces
commerces, se fait fort d'agir. Et, de fait, dans les 15 jours,
les propriétaires des étalages illégaux de
fripes sont enfin contraints d'appliquer le règlement, même
s'ils les ressortent à l'occasion de longs week-ends. Ils
avaient sévi pendant 12 ans !
La chute continue !
Mais, depuis la fin des années 90 et la mise au pas des plus
graves contrevenants, l'appareil commercial de l'avenue de Clichy
n'a connu aucune amélioration. Au contraire ! Continue de
sévir un jeu de quatre coins entre différents types
de commerce tout aussi bas de gamme. : multiples et éphémères
boutiques de téléphones portables aux vitrines constellées
d'affiches agressives et, plus récemment, taxiphones au décor
aussi criard. Plus grave, pendant ce temps, de vrais commerces,
ceux qui offraient boutique et assortiment soignés, continuaient
de quitter l'avenue de Clichy, nous expliquant, soit qu'ils souffraient
de la contagion d'image des boutiques bas de gamme, soit que les
loyers commerciaux devenaient trop élevés. Plus récemment,
se multiplient les restos rapides, façon "coin du poulet",
certifiés halal, résultat d'investissements anglo-pakistanais
ou saoudiens, exemple de ce que les sociologues appellent un commerce
communautaire : un magasin tenu par des représentants d'une
communauté qui s'adressent en priorité aux membres
de leur communauté. Un bon point toutefois, le reflux des
friperies.
Et le contrôle des étalages ?
Si les services techniques de la Ville semblent davantage à
l'écoute des attentes des habitants, leurs effectifs, toujours
aussi squelettiques, ne leur permettent pas d'agir avec assez de
vigueur pour faire respecter le règlement. La police nationale,
elle aussi habilitée à dresser procès-verbal,
ne semble pas, malgré une présence continue, pouvoir
donner un coup d'arrêt définitif aux abus et aux multiples
infractions au règlement. Est-elle peu motivée par
cette ingrate tâche de police administrative ou absorbée
par des enjeux jugés plus prioritaires ? Désormais,
l'emprise des étalages autorisés est matérialisée
au sol par des plots métalliques. Rappelons qu'en cas de
changement de propriétaire, fréquent avenue de Clichy,
ce droit n'est ni cessible ni nécessairement reconduit. Les
élus des 17e et 18e arrdts assurent que, depuis des années,
ils ne donnent aucun avis favorable à de nouvelles autorisations
d'étalage. Pourtant, ces six derniers mois, deux magasins
côté 17e ont pu produire de récents certificats
d'autorisation d'étalage aux habitants consternés
des 2 immeubles dont ils occupent les rez-de-chaussée. Alors
? ...
En 2001, une équipe municipale a succédé à
une autre. Nous avons alors adressé un mémoire à
M. Christian Sautter, adjoint au Maire de Paris, chargé des
finances, après l'avoir rencontré en mairie du 18e.
Dans un courrier à déCLIC 17/18 du 14/03/02, M. Sautter
affirmait que " la réhabilitation du secteur Clichy
reste une priorité des services municipaux, mais ne peut
se faire sans la vigilance des riverains. Trop souvent les baux
commerciaux sont accordés à des commerces dont la
nature porte préjudice à la qualité souhaitée
pour le quartier et à des exploitants peu enclins à
respecter l'environnement et la réglementation en vigueur.
" Nous souscrivons sans retenue à cette analyse. Mais
M.Sautter ajoutait : " je puis donc vous assurer que les services
compétents maintiendront leur attitude de fermeté
face aux commerçants réfractaires et que j'ai donné
des instructions pour qu'ils poursuivent le plus souvent possible
les contrôles inopinés sur l'avenue de Clichy ".
Et là, force est de constater que les résultats ne
sont pas à la hauteur de cet engagement. Ce qu'il faut, ce
n'est pas maintenir la fermeté mais l'amplifier pour appliquer
la réglementation dans toute sa rigueur.
Les conseils de quartiers en écho
Depuis 2001/2, se sont mis en place les quatre Conseils de Quartier
(CQ) dont dépend l'avenue de Clichy : Batignolles-Cardinet,
La Fourche-Guy-Môquet, Epinettes-Bessière, et Grandes-Carrières-Clichy.
Dès les premières réunions, il apparut que,
parmi les intervenants, beaucoup ne s'accommodaient pas de l'état
de déréliction dont souffrait depuis si longtemps
l'avenue. Des adhérents de déCLIC 17/18, et d'autres
aussi, proposèrent de réunir ces 4 CQ pour y débattre
de l'état des lieux et des moyens à mettre en uvre
pour l'améliorer, avec les élus, des arrondissements
comme de la Ville, et tous ceux qui sont susceptibles d'agir.
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