Avenue de Clichy, un an après
déCLIC
17/18 a toujours suivi avec vigilance l'état des commerces
avenue de Clichy, et notamment la question des étalages
illégaux qui participent largement à la dégradation
du paysage urbain (ce ne sont pas les commerces les plus soignés
qui pratiquent ce genre d'illégalités
).
Depuis bientôt 15 ans, nous alertons les responsables :
service municipal, mairie de Paris, mairies des 17ème et
18ème arrondissements, en leur adressant le relevé
de l'état des commerces que nous établissons 2 fois
par an entre la Place de Clichy et Cardinet, mais aussi dans les
Conseils de Quartier, ou en saisissant toutes les occasions opportunes.
Le bilan n'est pas nul.
On a réussi à contenir puis à réduire
l'offensive d'un fripier qui avait pu sévir pendant une
dizaine d'années en occupant illégalement les trottoirs.
On a fait retirer les présentoirs illégaux de journaux
gratuits. La relative amélioration du mobilier urbain a
dû jouer : ici ou là, on constate un effet de synergie
entre l'état de la voirie et la tenue des commerces.
Pourtant, la vigilance de déCLIC 17/18 ne suffit pas.
L'application des lois et règlements incombe aux services
municipaux souvent dépassés et trop peu nombreux,
aux élus dont les actes ne sont pas à la mesure
de leurs engagements, à la police nationale qui s'en soucie
comme d'une guigne.
Au
cours de l'été 2008, pour rappeler les uns et les
autres à leurs obligations, nous avons décidé
de faire un peu de bruit, ciblant 5 cas emblématiques entre
la Place et La Fourche.
Côté 18ème
Un magasin de vêtements, tous portants dehors, en possession
d'une autorisation d'étalage mais outrepassant cette autorisation,
pratiquant le " contre étalage " au bord de la
chaussée, ne laissant que 1m50 au piéton.
Une boucherie qui annexe le trottoir depuis des années
pour installer une rôtissoire illégale et odorante.
Un bazar dont l'étalage autorisé dépasse
les limites légales, depuis des années aussi : cela
suffirait à lui faire retirer son autorisation.
Un restaurant qui installe en toute illégalité terrasse
et parasols.
Côté 17ème
S'installait un soldeur de canapés, convertibles, "
lits supperposées " (sic), ce qu'annonçait
une gigantesque enseigne, d'ailleurs non conforme à la
réglementation. D'évidence, un tel magasin ne pouvait
" fonctionner " qu'en faisant stationner ses camions
de livraison dans le couloir de bus et/ou sur le trottoir.
C'est ce que nous avions exposé, photos à l'appui
à la mairie du 17ème. Elle nous répondit
qu'elle serait vigilante. Nos inquiétudes furent pourtant
vérifiées.
Un
an après, où en est-on ?
Le
Roi du canapé a fermé. C'était prévisible.
Et tant mieux pour l'avenue de Clichy. Mais on aurait pu éviter
de dégrader un peu plus l'avenue en intervenant systématiquement
contre toute illégalité. L'enseigne, illégale,
que ce magasin avait été mis en demeure d'enlever,
est toujours là et bien là, même après
la fermeture !
Le magasin de vêtement est rentré dans le droit.
La rôtissoire est toujours là, et toujours illégale.
L'étalage du bazar est toujours démesuré,
et toujours illégal.
Et la terrasse du restaurant ? Elle n'est plus illégale
depuis juin 2009 car elle a obtenu une autorisation de la Ville,
à l'exemple de ces gigantesques centres commerciaux qui
pendant 15 ans ont ouvert illégalement le dimanche, avant
qu'une loi de circonstance ne rende légale cette illégalité
assumée. Violez lois et règlements, vous serez régularisés
! Qui signe l'autorisation ? Le responsable du secteur du Service
du Paysage de la rue (contrôle des étalages) sur
avis du maire d'arrondissement.
Depuis 1996, M. Vaillant n'autorisait pas de nouveaux étalages
avenue de Clichy.
Cafouillage entre services ? Erreur de communication avec un adjoint
? Toujours est il que cette autorisation vient récompenser
un comportement frauduleux.
Nous avons relu la brochure " Daniel Vaillant avec Bertrand
Delanoë 2008-2014, ce que nous ferons ", publiée
à l'occasion des dernières élections municipales.
On lit page 38 au chapitre Occupation de l'espace public "
pour régler ces problèmes nous voulons
- continuer de signaler systématiquement les commerces
qui ne respectent pas les règles d'hygiène et les
dimensions d'étalages afin que les verbalisations successives
finissent par décourager les fraudeurs.
[
]
- mieux contrôler les autorisations commerciale, et renforcer
les contraventions envers les commerçants indélicats
afin qu'elles soient plus dissuasives. "
On lit aussi page 69 " dans le secteur Grandes Carrières-Clichy,
ce que nous ferons
Engager un travail sur les devantures commerciales notamment
avenues de Clichy et de Saint-Ouen. "
Sans commentaire !
Il
y a quelques mois, nous avons salué l'initiative de la
mairie du 18ème de créer un Observatoire du commerce
et de l'artisanat, et nous avons souhaité y participer,
avec vigilance et exigences. C'est vrai plus que jamais.
Pour
faire bonne mesure, nous avons relu la brochure : Françoise
de Panafieu, une équipe pour le 17ème publiée
aussi à l'occasion des élections municipales de
2008.
La page 9 consacrée aux Commerces, emploi, entreprises
ne disait rien du contrôle des étalages.
Pour
les citoyens et leurs associations, comment réagir, et
qui est responsable ?
Sur le terrain, le service en charge du contrôle des étalages,
à la courtoisie éprouvée et à l'efficacité
très relative.
Mais surtout les élus, donneurs d'ordres qui n'en donnent
guère, dans les mairies d'arrondissements et à l'Hôtel
de Ville, et ce par idéologie (un commerçant ne
peut être mis en cause), ou par indifférence, ou
encore par méconnaissance des textes (on a des noms
)
Nous
demandons que dans les arrondissements et à l'Hôtel
de Ville soit lancée une campagne pour le respect des lois
et règlements régissant les étalages, alors
même que les taxes municipales pour les terrasses et étalages
(pour ceux qui s'inscrivent dans la loi
) sont faibles au
regard des profits ainsi générés et comparés
aux loyers commerciaux souvent exorbitants.
Et puisque depuis quelques années, on parle de Paysage
de la rue, les élus responsables doivent aussi s'intéresser
à l'aspect des rez de chaussée commerciaux: stores
déchirés ou crasseux, auvents illégaux qui
doivent être démontés, enseignes agressives,
vitrines constellées d'affichettes, jolies devantures cassées
sans vergogne (et sans réaction des pouvoirs publics).
Nous demandons que les architectes des bâtiments
de France aient leur mot à dire avant tout travaux sur
les devantures ce qui dissuadera les " casseurs " et
aidera le commerçant de bonne foi.
Est-ce
trop demander, 18 mois après des élections municipales
où des engagements avaient été pris qui doivent
maintenant être respectés ?
Et d'ores et déjà, nous demandons que ce
sujet soit mis à l'ordre du jour des Conseils Consultatifs
de Quartier.
Philippe
Limousin [Octobre
2009]