On ne roule plus
On
vous le dit, on vous le redit sur tous les tons : à
Paris, on ne roule plus, on ne peut plus se garer ! Un
quotidien bien Parisien nous l'assure chaque matin. Des politiques
l'assènent dans leur journal municipal. Un parti extrèmiste
affiche : Delanoë traque l'automobiliste.
En cause , les travaux de voirie, l'élargissement des
trottoirs, les couloirs de bus. Ajoutons notre contribution
en citant quelques témoignages incontestables.
1 - " aucune concertation, la Mairie de Paris ne répond
pas
Claude Terrail, propriétaire de la Tour d'Argent
note une diminution de la clientèle à déjeuner
des
commerçants du quartier créent une association
faute d'avoir pu se faire entendre de la Mairie depuis quatre
mois "
2 - " une habitante du quai Branly, où on a supprimé
148 places de stationnement, n'ose plus inviter d'amis à
dîner, faute de place pour se garer "
3 - " boulevard Magenta, c'est catastrophique pour le
commerce ; personne ne s'arrête. Il y avait déjà
un couloir de bus, pourquoi rajouter une contrainte au stationnement
déjà sanctionné par des pervenches hystériques
? "
Après ces témoignages, place au réquisitoire
!
Y a qu'un malheur, comme disait un grand avocat, c'est que
ces trois témoignages, nous les avons exhumés
des années 1990 - 1992, quand furent mis en place les
axes rouges !
Citons nos sources :
1 - Figaroscope 19/09/1990 : " Les commerçants
voient rouge "
2 - L'Autojournal 28/09/1990 : " Axes rouges, livreurs
et commerçants en colère "
3 - France Soir 08/01/1992
De
ces axes rouges, aspirateurs à voiture, il faudra reparler,
en notant au passage que l'interdiction absolue de stationner
n'est toujours pas respectée, avenue de Clichy, côté
18ème. Mais 15 ans après, on constate que le
motorisé se porte encore bien à Paris : tant
et tant de véhicules occupés par une seule personne,
stationnement illicite sur les aires de livraison, si peu
verbalisé, 2 roues motorisées squattant les
trottoirs, toujours davantage (poussettes, fauteuils roulants,
disparaissez
). Ceci au dépens du plus grand nombre,
piétons ou utilisateurs de transports publics.
Alors, au-delà des déclarations définitives,
de l'agit-prop du lobby automobile et de ceux qui le relaient,
que s'organise un vrai débat sur le rôle de l'automobile
à Paris, sur les déplacements Paris - banlieue
et banlieue - banlieue, sur la priorité au développement
des transports publics (et on apprend que sur la ligne 13,
on en reprend pour des années
).
Un débat honnête sans trop de passion. A 18 mois
des élections municipales, peut-être même
à 12 mois, on peut encore rêver.