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Mémoire
: le souvenir de la tragédie des enfants juifs déportés, rempart contre la haine, la violence, l'injustice



En mars dernier, Paris a célébré la mémoire des enfants juifs déportés pendant la deuxième guerre mondiale. À Paris, ils furent environ 6000.
A l'initiative de l'A.M.E.J.D. et de la Ville de Paris, avec la participation des mairies d'arrondissement, des plaques ont été apposées sur la façade des écoles parisiennes. D'autres, rappelant le nom des enfants ont été posées dans le hall des écoles.

Dans le 18e, M. Delanoë, en présence de M. Vaillant, maire du 18e arrondissement, a déclaré : " On ne peut tolérer qu'on s'en prenne à quiconque en fonction de son identité, de sa religion, juif, musulman, chrétien ou athée. Si aujourd'hui vous ne vous dressez pas immédiatement contre la moindre gifle, la moindre insulte, demain peut-être ce sera la mort. Soyons intransigeants, défendons le droit de tous à vivre ensemble et différents ".
Aux Épinettes, dans l'école de la rue du Capitaine Lagache, en présence de Mme Simone Veil et de Mme de Panafieu, maire du 17e, et dans l'école de l'avenue de Saint Ouen, enfants et parents étaient nombreux à cette cérémonie du souvenir préparée en conseil d'école : projection de film, exposition de panneaux relataient ces événements dramatiques.

La présidente de la l'AMEJD (Association pour la Mémoire des Enfants Juifs Déportés) s'exprima ainsi : " c'est avec une vive émotion que nous nous réunissons ce jour pour commémorer, c'est-à-dire se souvenir ensemble, d'enfants morts en déportation parce que nés juifs(…). Pour pouvoir avoir un avenir, il faut d'abord être autorisé à vivre. Et c'est précisément ce qui fut interdit à dix enfants de cette école et à des milliers d'autres (…). Pourquoi se souvenir ? Pourquoi raconter ? Parce que, espérons-le profondément, notre mémoire sera le rempart contre la haine, la violence, la cruauté intolérable. "
Faisant référence aux recherches effectuées dans les registres des écoles, elle ajouta : " des observations parfois lourdes de sens nous laissaient imaginer l'angoisse d'une famille : " un tel n'est pas revenu "," parti à la campagne ", " évacué en province " ou, plus explicitement, " a quitté Paris en raison de sa race " , ceci, à propos, précisément d'une des petites élèves de l'école primaire Lagache (…). Il nous faut rappeler que 73 000 personnes furent déportées de France dont seulement 2500 sont revenues. Il y avait 11 000 enfants parmi eux. Rappelons cependant que des centaines d'enfants ont pu échapper au massacre des innocents grâce à ces héros anonymes, les justes des nations, qui acceptèrent d'affronter le danger, ces hommes, ces femmes qui tout simplement respectaient et aimaient leur prochain…
C'est à l'Ecole de la République, dans toute sa diversité que vous commencez à construire grâce vos maîtres, l'édifice qui fera de vous un jour des citoyens conscients, capables de lutter contre l'injustice, l'intolérance et le racisme pour que des drames tels que celui évoqué aujourd'hui ne se reproduisent jamais."